Renkontre avec Isaak Dessaux
- Kasbah Magazine
- 4 juil.
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 juil.
Auteur, penseur et voix qui bouscule, Isaak Dessaux explore les zones floues du genre, de la sexualité et du pouvoir. Dans cette interview, il nous parle de liberté, de désirs non normés et de la place du politique dans l’intime. Une discussion cash, brillante et nécessaire, qui ouvre ce premier numéro de Kasbah Magazine avec clarté et intensité.

Benjamin : Tu es connu pour jouer une multitude de personnages, est-ce que tu peux nous dire quelques mots sur
Isaak ?
Isaak Dessaux : Plus que jamais, qu'est-ce qui existe vraiment ? Écoute, moi, j'ai 22 ans depuis quelques mois, le contrat se termine très bientôt. Il faut bien que ça arrive à un moment donné. Et moi, je dois dire, être plutôt une sorte de saltimbanque, un 4x4 de la vie. Ensuite, tu peux rouler à peu près où tu veux. Tant que tu te restes fidèle à toi-même.
B : Tu fais énormément de disciplines différentes. Par laquelle ou lesquelles tu as commencé ? Et quand est-ce que t'as voulu te professionnaliser ?
I : Moi, tout ce dont je rêve, c'est de pouvoir être moi et faire ce que j'aime. Et donc, évidemment, si en plus je peux gagner ma vie comme ça et le plus longtemps possible, je vous en conjure, c'est encore le mieux.
Mais je crois qu'assez naïvement, si on s'écoute, on tend plus ou moins directement vers les choses que l'on aime. Quand j'ai commencé les vidéos sur le net, par exemple, au début, jamais j'aurais imaginé qu'un jour je puisse gagner quelques euros comme ça, ou alors avoir l'occasion de vous répondre aujourd'hui. Ou alors, pour parler d'autre chose, c'est mes parents qui me mettent au piano quand j'ai 6 ans. J'en fais 10 ans, puis après, j'arrête parce que ça me fait chier.
Et en fait, non, c'est moi qui continue d’en jouer, mais plus librement, parce que c'est moi qui le décide totalement. Et là, je découvre que ça me plaît, mais différemment. Et donc, quand j'arrive à Paris et que j'ai besoin d'un peu d'argent, je me dis, hop, ça part, on utilise ça, et je vais donner des cours de piano.
Mais le plus important, s'il vous plaît, c’est de tendre une oreille pour vraiment savoir d'où ça vient.
B : Tu faisais des blagues naturellement et c'est le hasard qui t'a amené un peu sur les réseaux ?
I : Ouais et puis, après, j'y ai pris goût, c'était récréatif et ça l'est toujours, je vous en conjure, mais un an après, on me tannait en me disant « Mais mets-toi sur TikTok, tu vas voir, c'est trop drôle ».
Moi, j'étais un peu à côté de la plaque, tu vois, presque imperméable, et je me disais « Non, non, ce n’est pas trop pour moi ».
Et puis un jour, je me dis « OK, vas-y, je t'écoute, j'y vais ». Je poste une vidéo d'un petit sketch de personnage, et là, ça fait 250 000 vues, donc je me dis « OK, yo, est-ce que ce sont des vrais gens ? Les Sims sont sur TikTok ? ». Moi, j'adore faire des stories où je parle dans la rue avec les gens. Je poste le truc sur TikTok et je vais sur les quais avec des copains. Après, on se retire de là-bas et quand j'enlève mon mode avion, je vois que sur TikTok, c’est un truc de malade mental fou taré dingue.
Et il s'avère qu'une semaine après, on arrive à 7 millions de vues, pour une vidéo qui dure 15 secondes, quoi. C'est le jeu de TikTok, ça ouvre une créativité qui a un langage hyper nouveau, je trouve. Et il y avait ce truc-là où on brise la barrière avec les autres, ça surprend les gens, parce que peut-être qu'on n'a pas tant l'habitude, ou qu'on en a peur, j'en sais rien. Alors qu'en fait, cette frontière-là qui se brise avec les autres permet, justement, de se rendre compte qu'on n'est pas si différent.
Et puis, on n'a pas besoin de se ressembler pour s'entendre bien.
B : T’as commencé à parler de TikTok, tu as tendance à prendre le rôle de personnages de la vie quotidienne. Comment te viennent les idées pour ces personnages haut en couleur ?