Rencontre avec Annie Tagoe
Athlète de haut niveau, Annie Tagoe est à l’honneur de ce troisième numéro. Je l’ai rencontrée pour revenir sur son parcours, de son enfance au Ghana jusqu’aux compétitions internationales.
Elle raconte ses premiers pas dans le sport, de l’escalade des arbres au football, son arrivée à l’athlétisme et ce que la médaille de bronze en relais aux Jeux Olympiques de la jeunesse de Singapour a représenté pour elle. Elle évoque aussi sa préparation, physique comme mentale.
Benjamin Germany: À quel instant de ta vie as-tu réalisé que tu pourrais faire une carrière dans le sport ?
Annie Tagoe : Vers l’âge de trois ou quatre ans. J’ai grandi au Ghana jusqu’à mes six ans
environ. Je passais tout mon temps avec les frères de ma mère. Ils ne faisaient que
du sport et grimpaient aux arbres. Alors j'ai fini par les imiter. J'étais un vrai garçon
manqué. Du coup, j'ai commencé à grimper aux arbres dès l'âge de trois ans.
J'ai joué au football vers l'âge de quatre ou cinq ans. Et puis, j'ai réalisé que j'étais
vraiment passionnée de sport et que j'aimais beaucoup ça.
Benjamin : Avant de te consacrer exclusivement à l'athlétisme, tu faisais partie
d’une équipe féminine de football et tu as aussi essayé d'autres sports. Pourquoi avoir finalement choisi l'athlétisme ?
AT : Excellente question. Je voulais faire du football, mais nous habitions très
loin et ma mère avait cinq enfants.
À l'époque, elle ne pouvait pas m'emmener à l'entraînement de foot car nous
habitions à environ 40 minutes du lieu d'entraînement. C'était vraiment compliqué
d'emmener tous les enfants, d'attendre que j'aie fini et de revenir ensuite, car
l'entraînement durait environ deux heures. J'ai donc dû arrêter le foot.
Et puis, après le foot, je me souviens avoir commencé le trampoline, le tennis, le
basket. J'ai fait plein de sports différents. Mon prof d'EPS m'a dit : « Tiens, et si on
essayait l'athlétisme ? ». Alors elle m'a emmenée au centre sportif. Et c'est là que j'ai réalisé que j'étais douée pour la course à pied.
Benjamin : À 17 ans, tu as participé aux Jeux Olympiques de la jeunesse d’été à
Singapour, qu’est-ce que tu retiens aujourd’hui de cette expérience et
qu’est-ce que ça a apporté pour la suite de ta carrière ?
AT : C'était ma deuxième expérience internationale à l'étranger.
Je pratiquais l'athlétisme depuis un an seulement et j'ai intégré l'équipe nationale
britannique ; c'était mon premier maillot. Je me souviens que, déjà, le vol a duré 16
heures. Et c'était la première fois que je voyageais aussi loin depuis mon arrivée au
Royaume-Uni.
Et puis, aller en Asie, c'était aussi incroyable. L'ambiance était folle. On nous a offert
tellement de choses. Et la cerise sur le gâteau, c'est que je suis repartie avec une
médaille. J'ai donc fini par remporter la médaille de bronze au relais.
Et je me suis dit : « Oh, dès ma première année, je gagne une médaille ! Je suis
vraiment reconnaissante ». Je pense que ça a aussi renforcé mon amour pour
l'athlétisme.
Benjamin : Il y a l'entraînement physique, mais aussi l'entraînement mental.
Comment te prépares-tu ?




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