Rencontre avec Jeremy Nadeau
Acteur et humoriste, Jérémy Nadeau est à l’honneur de ce troisième numéro. Nous l’avons rencontré pour revenir sur son parcours, de ses premières vidéos sur YouTube vers 2010 à aujourd’hui.
Il raconte ses débuts sans ambition affichée, nés d’un simple plaisir de faire des blagues, le moment où l’idée d’en faire un vrai métier a pris forme, et son goût pour la mise en scène et la fiction. Un fil conducteur : tant que ça l’amuse, il le fait.
Benjamin Germany : C'est sur Youtube que tu as commencé ta carrière aux alentours de 2010. Est-ce que tu avais une ambition particulière en te lançant sur Youtube ?
Jeremy Nadeau : En fait, je n'avais pas d'ambition, comme on pourrait l'entendre, de ce que ça va devenir plus tard. Je pense qu'à l'époque, quand on commençait sur Youtube, on ne pensait pas que ça allait devenir ce que c'est aujourd'hui.
Je venais du théâtre et on faisait beaucoup d'humour sur scène. Il me restait des idées de
sketch qu'on n'avait pas forcément pu mettre en scène. Je me suis dit, pourquoi pas les
mettre sur Youtube. Je voyais que ce format face caméra commençait à se développer un
peu. Et c'est venu de là tout simplement. Il n'y avait pas d'ambition particulière, c'était juste
s'amuser et faire des blagues sur Internet.
Benjamin : Avant de commencer l'humour, tu as eu une toute petite partie de gaming avec Call of Duty, notamment. Tu gardes quel souvenir de cette période-là ?
JN : J'en garde un excellent souvenir. C'étaient les débuts sur Internet. Et justement,
je faisais des blagues en jouant aux jeux vidéo. Je pense que c'est ça qui m'a poussé à ne
faire après que des blagues. Mais j'adore les jeux vidéo, c'est une sorte de passion depuis
que je suis petit.
Et ça l'est encore. Ils refont Black Ops 1 et 2 sur PS5. Ça va être chaud.
Benjamin : À quel moment se fait la bascule où tu te dis sérieusement que YouTube peut potentiellement t’offrir une carrière ?
JN : Quand je commence YouTube, je suis après mon bac en 2010. Je suis en BTS
MUC. Je fais deux ans où ça fonctionne plus ou moins. En parallèle, je bosse chez Célio. Je continue de bosser là-bas pendant quelques années. Et, ça commence à vraiment
fonctionner en 2013.
En 2013, je reçois un premier mail de YouTube qui me dit que je pouvais gagner de l'argent
grâce à la monétisation. Un truc qui était inconnu à l'époque.
On découvre la monétisation YouTube, je l’active parce que j'adore l'oseille (rires). Et j'ai une
vidéo qui saute immédiatement pour droit d'auteur. Je découvre donc aussi les copyrights,
etc. Je pense qu'à partir de 2013-2014, je me dis que ça commence à devenir sérieux,
j'arrive à 60 000 abonnés, un truc comme ça. Et très vite, j'arrive au million.
Benjamin : Il y a eu vraiment une vidéo qui a fait le déclic ou c'était très progressif ?
JN : Il y a eu un déclic. À l'époque, sur YouTube, la page d'accueil était très différente
d'aujourd'hui.
C'était vraiment une page d'accueil avec un gros bandeau en haut. Et quand ta vidéo était
sélectionnée par YouTube pour être sur ce bandeau-là, elle était sur la page d'accueil de
tout le monde quand ils ouvraient YouTube. Du coup, forcément, ça a explosé au niveau des
vues, des abonnés, etc.
J'ai eu deux vidéos qui ont été mises en avant comme ça, quasiment à la suite. Et c'est une
époque où je prenais 5 000 abonnés par jour.
Et à partir de là, ça n'a pas changé ma volonté de créer, ça ne l'a pas renforcée, mais ça m'a
motivé, conforté dans l'idée que ça pouvait être un “vrai métier”.
Benjamin : Tu as débuté en faisant du facecam et très vite, tu as introduit de la mise en
scène, jusqu’à même faire de la fiction. Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire évoluer
ton format à ce moment-là ?




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