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Rencontre avec Marguerite Thiam

il y a 2 heures
3 min de lecture

À l’occasion de la sortie de son premier album « La vie d’après », le 13 novembre, Marguerite Thiam nous reçoit pour une conversation à cœur ouvert. Elle revient sur la création de ce projet, et sur la vision de l’amour et des relations amoureuses qui l’a nourri.

Elle y évoque l’importance de lâcher ce qui nous abîme pour avancer, et la liberté que l’on trouve en se choisissant enfin soi-même. Un échange sincère et lumineux, où la fin d’une histoire devient le point de départ d’une autre.

Benjamin Germany: Qu'est-ce qui t'a donné le goût de la musique ? D'abord en tant qu'auditrice et ensuite l'envie d'en faire.


Marguerite Thiam : Le goût de la musique... Classique, l'enfance, avec mes parents.

Franchement, c'est terrible à dire, mais ça commence avec Michael Jackson. En vrai, les

premiers gros souvenirs musicaux, ce sont que des trucs borders, ma mère écoutait

Gainsbourg. Voilà, l'enfance toxique (rires). Et puis, après, la découverte personnelle. Je me

souviens que ma prof d'SVT de sixième m'a fait découvrir Marvin Gaye et ça a été une

ouverture de ouf. Puis, Justin Bieber est passé par là. Mon bébé que j'aime plus que tout.

Je n'étais pas du tout destinée à faire de la musique. Mon frère, lui, en a fait. Et comme

c'était mon grand frère et que je le voyais comme une idole, j'ai voulu faire comme lui. Je l'ai copié et j'ai fait de la musique avec lui.

Benjamin : Justement, tu travailles beaucoup avec ton frère qui fait la plupart de tes prods. C'est comment de travailler en famille ?

MT : C'est un peu vertigineux. Je ne travaille plus avec mon frère. Je travaillais

beaucoup avec lui au début. En fait, ce n'était pas tant de la prod. Il m'accompagnait sur tout

ce qui était mélodie, surtout au début, quand je ne connaissais pas du tout la musique. Moi,

j'avais des textes. Il m'apprenait à les mettre sous forme de morceaux. C'est plus facile

d'écrire comme on écrirait un roman. Lui, m'a permis de mettre un peu de cadre là-dedans.

C'est compliqué de travailler avec la famille. Il y a des avantages extraordinaires, comme

être sur scène, vivre des expériences de ouf. Puis, après, il y a le fait qu'on se dispute. On

est tout le temps ensemble. Déjà, hors musique, on se dispute parce qu'on est frères et

sœurs. Et quand le travail rentre en jeu, il y a un endroit où parfois c'est difficile de

communiquer, de poser ses limites, parce qu'on a du mal à les poser déjà dans la vraie vie.

Donc, dans le travail, c'est compliqué et on a un peu arrêté de bosser ensemble.

Benjamin : Dans tes textes, tu as tout de suite plongé dans des sujets assez intimes. C'est nécessaire de mettre une partie de toi dans ta musique ?

MT : Ouais ! Je ne voulais pas faire de musique initialement, je ne me verrais

pas faire de la musique sans raconter des trucs vrais. C'est primordial pour moi. C'est-à-dire

que si on enlève la prod, la mélodie, il faut qu'on raconte quand même une histoire. C'est

pour ça que je suis hyper mal à l'aise avec le fait de ne pas raconter des choses que j'ai

vécues.

Ce qui m'est d'ailleurs arrivé une fois, Gaëtan Roussel m'a appelé pour faire un feat avec lui.

Comme c'était Gaëtan Roussel et que c'était iconique, j'y suis allée. C'est la première fois

que je ne participais pas du tout aux textes. Ça m'a un peu déstabilisée. Et en même temps,

la musique était tellement belle que je l'ai faite.

Par exemple, je suis en couple depuis six ans et on m'a demandé plusieurs fois d'écrire des

histoires de drague... Je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à raconter quelque chose que je ne

vis pas.


Je suis incapable, pour l'instant, de poser des mots là-dessus. Ce qui est différent quand tu

écris un film d’ailleurs, où là, tu peux raconter des histoires qui ne te concernent pas. Mais la

musique, après, il faut les chanter sur scène. Je préfère raconter des choses que j'ai vécues,

même si ça coûte cher aussi.

Benjamin : Tu fais partie de cette “nouvelle pop” qui n’a pas peur de faire des mélanges de genres. Tu as eu des inspirations particulières dans cette démarche ?


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