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CLEEVELAND

Benjamin de chez Kasbah : Tu parlais de Tania comme un personnage que tu as construit et au fur et à mesure, elle est devenue de plus en plus présente. Quel rapport as-tu avec ce personnage aujourd’hui et n’est-elle pas devenue, aujourd’hui, une grande partie de toi ?


C : Oui, je pense qu’elle a toujours été en moi, elle dormait. Quand j’ai commencé les vidéos et créé le personnage, je n’ai rien trouvé de nouveau, c’est comme si elle avait toujours existé. Elle faisait parfois quelques apparitions mais elle était cachée. Aujourd’hui, je l’ai mise en lumière, elle est beaucoup plus présente, en tout cas, sur les réseaux sociaux. C’est elle que j’ai choisie pour travailler, elle est beaucoup plus vendeuse. Quand Tania parle, ma communauté l’écoute, surtout les femmes, elles se sentent comprises.

B : Sur les réseaux, on te voit beaucoup plus en tant que Tania. Pour quels genres de situations ressens-tu encore le besoin d’être Cleeveland ?


C : Dans ma vie privée. Ça m’arrive de faire des stories où je ne suis pas maquillé·e, sans perruque mais c’est surtout dans le privé. J’ai Tania pour travailler, donc les vidéos, les interviews, les spectacles, c’est elle. Cleeveland, c’est pour aller au restaurant avec des potes, quand j’invite du monde. Même si je peux être parfois Tania dans ces moments-là.


B : Tu alternes entre Cleeveland et Tania. Le matin, quand tu te lèves, en fonction de quoi choisis-tu la personnalité que tu vas incarner aujourd’hui ?


C : Je ne sais jamais vraiment à l’avance sauf pour des situations particulières comme un date par exemple. Sinon, ça dépend des jours, comment je veux aborder ma journée.


B : Dans tout ce que tu fais, tu parles énormément de relations amoureuses. En quoi cette thématique te touche particulièrement ?


C : J’ai commencé en faisant des vidéos sur les relations amoureuses parce que moi-même, à l’époque, j’étais dans une relation hyper toxique et compliquée. Du coup, je donnais des conseils avec le caractère de Tania que moi je n’avais pas en tant que Cleeveland. Je me disais que si j’avais le choix, je préférerais être comme ci ou comme ça, et j’ai mis toute cette personnalité dans Tania. Parler de relations amoureuses m’aidait. J’aidais aussi mes abonnés qui me demandaient : « Comment tu arrives à être aussi dur, aussi stricte, j’aimerais être pareille ». Je leur disais : « Mais si vous saviez… Je suis dans la même situation que vous ». Et c’est en recevant ce genre de messages que je suis moi-même sorti·e de cette relation. J’ai donné tout ce caractère à Tania, je peux le prendre et l’adapter à ma situation. Les relations amoureuses m’ont toujours plu. Dans mon groupe d’amis, c’est moi qu’on appelle quand il y a des problèmes dans le couple ou pour avoir un avis sur une situation, donc j’ai toujours été au centre de ces sujets-là (rires).


B : Aujourd’hui, tu as trouvé un bon équilibre entre Cleeveland et Tania. Est-ce que tu peux nous raconter comment s’est construit cet équilibre à partir de l’arrivée de Tania dans ta vie ?


C : Au début, c’était compliqué de trouver cet équilibre. Je me disais que c’était uniquement pour monter sur scène. Sauf qu’après, j’ai vu que je pouvais aller en boîte, au restaurant, chez des amis en Tania. Je me disais que peut-être ça faisait bizarre de faire ça en dehors du cadre du travail, mais j’ai compris qu’elle faisait partie de moi, même si c’est elle que je mets en avant pour travailler. Je ne me prends plus la tête, c’est selon le mood, selon l’envie. Depuis que j’ai accepté ça, j’ai trouvé l’équilibre.


B : Tu t’es fait connaître sur les réseaux mais aujourd’hui, tu fais aussi de la scène. Quel a été le déclic pour te présenter sur une scène devant un public ?


C : De base, je ne voulais pas faire de la scène, on me l’a proposé. À l’époque, j’avais de gros problèmes de timidité. J’étais à la fac, j’avais besoin de réussir mes examens et il y avait des exposés à faire devant 300 personnes. Je me suis dit qu’en faisant du théâtre et en montant sur scène, ça m’aiderait. On me disait toujours que je travaillais bien mais que parler devant les gens, c’était compliqué. Comme j’étais timide, je ne m’exprimais pas vraiment bien et on me disait que ça me pénalisait au niveau des notes. Donc, quand on m’a proposé de monter sur scène, j’ai dit OK, ça ne peut qu'être bénéfique et je vais apprendre.

Mais c’est deux choses différentes : les vidéos, tu es chez toi, tu peux recommencer, il y a le montage… Alors que sur scène, le public est devant toi, tu ne peux pas recommencer. Au début, c’était compliqué, mais aujourd’hui, j’aime bien.


B : Tu es un exemple de courage pour beaucoup d’hommes et beaucoup de femmes, est-ce que tu aurais un message à leur faire passer ?


C : Je suis pour le bien-être, que les gens se sentent bien dans leur peau. Peu importe qu’elle soit homme, femme ou quelle que soit leur orientation, je suis pour que la personne fasse vraiment ce qu’elle a envie de faire. Ne pas se mettre dans une cage, ne pas se restreindre. Si tu as décidé de ne pas fonder une famille, que c’est ta carrière qui t’intéresse, vivre à l’international ou autres, franchement, vas-y ! Ne pense pas à ce que diront les autres. Je suis pour l’épanouissement, à n’importe quel niveau.


B : Quelle est la leçon la plus importante que tes activités t’ont apprises et comme notre thème est l’héritage, qu’est-ce que tu aimerais transmettre à ton tour ?


C : S’il y a une leçon que j’ai apprise, c’est de ne rien prendre pour acquis. Tout peut changer, tout peut basculer, du jour au lendemain. Ta santé, tes envies. Le monde artistique aussi est très aléatoire. Pendant que tu peux, développe tout ce que tu as à développer, donne-toi à fond pour laisser un bel héritage et de bons souvenirs. N’attends pas, si tu peux le faire maintenant, fais-le. C’est ce que je fais, je profite, je fais des scènes, je crée du contenu, car si demain j’arrête, je veux qu’on garde un bon souvenir de moi. C’est cette trace que j’ai envie de laisser.



Interview faite par Benjamin Germany

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